Depuis le mois de mai, les cours du cacao enregistrent une tendance descendante. À New York, la tonne se négocie désormais autour de 5 000 dollars, un niveau encore élevé au regard de l’historique du marché, mais bien loin des sommets franchis au premier trimestre. Ce mouvement traduit un ensemble de signaux envoyés par l’industrie, en particulier du côté des broyeurs, dont l’activité ralentit depuis plusieurs mois.

Ces entreprises, situées aussi bien en Afrique de l’Ouest que dans les grands pays consommateurs, ajustent leurs cadences. Elles réagissent à leur tour à une demande finale de cacao qui s’étiole. Les fabricants de chocolat, confrontés à un cacao devenu très coûteux sur les deux dernières campagnes, ont revu certaines formulations. Plusieurs groupes ont choisi de réduire la part de cacao dans leurs produits, tandis que d’autres ont augmenté leurs prix ou remanié leur gamme. Ces décisions ont provoqué une réaction immédiate des consommateurs, sensibles à la hausse des tarifs et aux évolutions de l’offre.

Une production ivoirienne mieux orientée

À cette contraction de la demande s’ajoute une perspective légèrement plus favorable du côté de la production. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, des estimations font état d’une récolte pouvant atteindre environ deux millions de tonnes pour la campagne en cours. Ces chiffres demeurent encore provisoires, mais ils apportent déjà un certain apaisement parmi les opérateurs. Le traumatisme de la campagne agricole 2023-2024, marquée par une forte baisse des volumes, reste présent, ce qui incite à la prudence. Sur le terrain, plusieurs exportateurs rappellent que les conditions climatiques restent irrégulières et que les vergers ivoiriens, comme ceux du Ghana, continuent de subir les conséquences de plusieurs années de vieillissement et de maladies. Rien ne permet, à ce stade, d’anticiper une amélioration durable. Les arrivées dans les ports ivoiriens ont été satisfaisantes ces dernières semaines, mais les acteurs n’oublient pas que les volumes peuvent faiblir en seconde partie de saison, comme l’an passé.