La SN-BRAFASO renaît et tourne désormais à plein régime grâce à un investissement public burkinabè. Cette relance sous houlette des autorités de la transition, met en service une usine modernisée pour soutenir l’économie locale et l’emploi national. Le nouveau fleuron industriel a été officiellement remis sur pied en début de semaine.
Après plus de 15 ans d’arrêt, la SN-BRAFASO a repris vie à Komsilga (à quelques encablures de Ouagadougou). Le Capitaine Ibrahim Traoré a inauguré une unité de production entièrement refaite, donnant une seconde chance à une société longtemps considérée comme une pièce importante du tissu industriel national. Cette relance porte à la fois une dimension économique, sociale et symbolique pour un pays en pleine transformation structurelle.
Une usine réhabilitée grâce à l’investissement public
L’État burkinabè a porté le projet de bout en bout. Plus de 17 milliards de FCFA ont été mobilisés pour remettre l’infrastructure en état et relancer les activités. Avec un capital social désormais fixé à 6 milliards de FCFA, l’État détient près de 70 % des parts, confirmant sa volonté de rester aux commandes de cette entreprise. La SN-BRAFASO produira des boissons alcoolisées et non alcoolisées, avec une capacité annoncée de 600 000 hectolitres par an. Cette nouvelle dynamique repose sur l’usage de matières premières locales, notamment le maïs, le sorgho et le riz, cultivés sur l’ensemble du territoire. Pour les autorités, cette orientation permet de renforcer la chaîne de valeur locale et de soutenir les producteurs ruraux, particulièrement touchés par les aléas économiques de ces dernières années.
La fermeture de l’entreprise en 2008 ne s’explique pas uniquement par les difficultés financières. Plusieurs témoignages évoquent des stratégies agressives de multinationales présentes sur le marché, qui auraient rendu la concurrence particulièrement rude pour une société encore en construction.
La remise en service de l’usine représente aussi une bouffée d’oxygène pour le marché du travail. La Présidence annonce 300 emplois directs, dont 200 postes permanents et 100 temporaires. Mais c’est surtout l’impact indirect qui attire l’attention : environ 20 000 emplois pourraient être générés dans les secteurs de la logistique, du transport, de la distribution et dans les filières agricoles liées à l’approvisionnement. Pour la région de Komsilga, ce redémarrage comporte un enjeu social fort. Les autorités espèrent que l'installation contribuera à stabiliser des activités économiques locales souvent dominées par l’informel. Le gouvernement présente cette relance comme l’un des exemples de son ambition de renforcer le secteur industriel sous leadership public, en privilégiant des projets permettant de soutenir l’économie et d’élargir les possibilités d’emploi.