La deuxième édition du palmarès des trente villes africaines les plus attractives, réalisé par Jeune Afrique en partenariat avec le cabinet Sagaci Research, arrive avec son lot de confirmations et de surprises. De la vallée du Nil aux rives atlantiques marocaines, en passant par les métropoles sud-africaines, l’étude offre une photographie précieuse d’un continent engagé dans une transformation urbaine profonde.

En tête du classement, Le Caire devance Kigali et Nairobi dans un trio marqué par la vigueur des investissements, des stratégies urbaines ambitieuses et une volonté affichée de moderniser les infrastructures. En revanche, les villes francophones semblent globalement en retrait, signe d’un écosystème encore hésitant malgré des potentiels indéniables. Ce palmarès, élaboré à partir d’un sondage auprès des habitants portant sur quatre dimensions majeures qualité de vie, infrastructures et logement, entreprises et emploi, services essentiels, est complété par l’analyse de l’attractivité des investissements directs étrangers. L’ensemble forme un outil de lecture des dynamiques urbaines et de leur contribution au développement national.

Un continent au seuil d’une mutation démographique majeure

D’ici à 2050, la population africaine vivant en ville pourrait atteindre 1,4 milliard d’habitants. Deux Africains sur trois vivront alors en zone urbaine, dans des agglomérations qui, pour certaines, s’étendront sur des centaines de kilomètres. Nairobi, Le Caire ou Lagos deviendront des mégalopoles de plusieurs dizaines de millions d’habitants, avec une pression accrue sur les services publics, le logement, la mobilité et la gouvernance. Pour de nombreux responsables urbains, la question n’est donc plus de savoir s’il faut agir, mais comment organiser cette expansion. Les villes sont appelées à devenir les moteurs de la croissance africaine, à condition de maîtriser les coûts sociaux et environnementaux d’une telle transformation.

Le Caire, premier du classement

La capitale égyptienne retrouve la première place, position occupée l’an dernier par Le Cap. Le Caire illustre les bouleversements rapides qui marquent les grandes agglomérations du continent. À l’étroit entre désert et densité, la ville a orienté son expansion vers un réseau de villes nouvelles Six-Octobre, New Cairo puis vers le gigantesque projet de la Nouvelle capitale administrative, inaugurée début 2025. Ce projet, dont le coût dépasse 60 milliards de dollars, s’est appuyé sur un financement hybride : fonds publics égyptiens, capitaux privés et investissements internationaux, surtout en provenance de Chine et des pays du Golfe. Cette ouverture financière explique largement la domination du Caire dans le volet dédié aux IDE, où la ville obtient un score quasi maximal. Le marché national égyptien, la compétitivité de la main-d’œuvre après la série de dévaluations et la volonté de présenter un visage moderne ont également contribué à renforcer l’attrait de la capitale. Cette dynamique ne masque toutefois pas les difficultés : congestion routière extrême, pollution, gestion complexe des déchets, pression sur la distribution d’eau et d’électricité, et défis liés à la croissance des villes nouvelles.