Faire de la santé maternelle et néonatale une priorité nationale. Tel est le leitmotiv de l’Association des sages-femmes ivoiriennes (ASFI), qui a organisé le mercredi 19 novembre 2025 une rencontre à Abidjan-Cocody sur la santé maternelle et néonatale.  

Objectif, faire un plaidoyer politique pour le renforcement du plateau technique dans la gestion de l’hémorragie du post-partum et pour le déploiement et la rétention des sages-femmes dans les maternités en zones rurales. Ont pris part à la rencontre le directeur général de la Santé, des partenaires techniques et financiers, notamment l’UNFPA et l’OMS.

Indicateurs néonatals préoccupants

En Côte d’Ivoire les indicateurs de santé maternelle et néonatale restent préoccupants. L’hémorragie du post-partum demeure la première cause de mortalité maternelle. Selon les dernières estimations, le pays enregistre encore 385 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, dont 51 % sont du fait des hémorragies du post-partum selon le rapport SDMPR. Ce qui signifie que chaque jour, des femmes ivoiriennes meurent en donnant la vie. Autrement dit, une femme sur deux meurt en donnant la vie par la suite d’une hémorragie consécutive à l’accouchement.

Pour Diallo Awa, présidente de l’ASFI, il urge d’agir pour inverser la tendance. Elle demeure persuadée que cela est possible à travers des actions concrètes à travers le renforcement d’un budget durable dédié à la disponibilité d’équipements d’urgence, la mise en place des mesures incitatives permettant aux sages-femmes de rester dans les zones les plus difficiles d’accès.

« Chaque sage-femme envoyée en zone rurale mérite un environnement de travail digne et sécurisé. Chaque structure sanitaire mérite un plateau technique capable de sauver des vies. Aujourd’hui, nous avons la possibilité de changer l’histoire de milliers de familles. Il nous revient d’agir ensemble, avec détermination, conviction et solidarité. », a martelé Madame Diallo Awa épouse Yao. Estimant que les sages-femmes sont encore une ressource clé encore sous-exploitée.

Mutualiser les efforts

Dans la même veine, le représentant du représentant de l’UNFPA en Côte d’Ivoire, Dr N’Guetta Dominique, a souligné la nécessité d’un partenariat fort entre le gouvernement, les institutions sanitaires, la société civile et les partenaires au développement à l’effet de conjuguer les efforts pour mobiliser les ressources et soutenir ainsi les programmes d’accélération pour l’élimination de l’hémorragie du post-partum.

« Il est important de garantir la disponibilité d’un plateau technique pour permettre aux personnels de santé qualifiés, notamment des sages-femmes en milieu rural, de venir à bout de ces décès évitables. », a indiqué Dr N’Guetta Dominique. Rassurant du soutien de son institution envers les actions gouvernementales.

Le professeur Samba Mamadou, directeur de la Santé, représentant le ministre Pierre Dimba a rassuré les sages-femmes de la prise en compte de leur plaidoyer. « Le ministère de la Santé va voir ce qu’il peut faire dans l’immédiat et ce qu'il peut faire dans le moyen et long terme. », a dit le professeur Samba Mamadou. Tout en saluant le dynamisme des sages-femmes. Qui, selon lui, contribuent inéluctablement à faire baisser la mortalité maternelle.