Novembre bleu synomyme le mois de sensibilisation sur le cancer masculin et un focus sur la prostate. Alors que le mois d’octobre est largement consacré à la sensibilisation sur le cancer du sein, le mois de novembre reste moins connu du grand public, bien qu’il soit dédié au cancer masculin. Parmi ces pathologies, le cancer de la prostate attire progressivement l’attention des spécialistes et des médias, car il touche principalement les hommes à partir de 50 ans.

Pourtant, malgré la fréquence de cette maladie, les connaissances sur ses mécanismes, ses facteurs de risque et les moyens de prévention restent limitées. Pour éclairer ce sujet, nous avons rencontré le docteur Olivier Vianney, médecin urologue au CHU de Cocody, qui nous explique la prostate, son rôle et les réalités du cancer qui peut l’affecter.

D'abord la prostate, c'est un organe qui facilite la fécondité

La prostate est un petit organe de la taille d’une noix, situé juste en dessous de la vessie et au carrefour des voies urinaires et génitales. Présente chez tous les hommes, même chez le nourrisson, elle joue un rôle essentiel dans la reproduction. Son rôle principal est de contribuer à la composition du sperme, en association avec les testicules et les vésicules séminales. Sans elle, la fertilité masculine est compromise. Souvent, lors des consultations, les patients évoquent leur « prostate » comme si c’était une maladie, alors qu’il s’agit simplement d’un organe naturel. Le cancer de la prostate, lui, est une pathologie qui résulte d’une prolifération anarchique des cellules prostatiques, échappant au contrôle de l’organisme. Cette multiplication incontrôlée peut, si elle n’est pas détectée, évoluer vers un cancer invasif.

Qu’est-ce que le cancer de la prostate ?

Le cancer de la prostate se développe lentement et peut rester silencieux pendant plusieurs années. C’est pourquoi de nombreux hommes ne consultent qu’à un stade avancé, lorsqu’apparaissent les premiers symptômes. Ces derniers sont souvent peu spécifiques et peuvent inclure des difficultés à uriner, des gouttes résiduelles après la miction, des réveils nocturnes fréquents pour uriner, la présence de sang dans les urines ou le sperme, ainsi qu’une fatigue continue. Il est important de préciser que la prostate peut également être touchée par d’autres pathologies, telles que la prostatite (infections) ou l’adénome de la prostate (ou hyperplasie bénigne), qui se manifestent par un élargissement de l’organe sans malignité.

Chiffres et réalité en Côte d’Ivoire

Selon les dernières estimations, environ 2 700 nouveaux cas de cancer de la prostate sont diagnostiqués chaque année en Côte d’Ivoire. Cela signifie qu’un homme sur huit peut être touché par cette maladie au cours de sa vie. Ces statistiques soulignent l’importance des campagnes de sensibilisation et du dépistage précoce. La lente progression du cancer de la prostate explique que beaucoup de patients arrivent à l’hôpital avec des formes avancées, nécessitant des traitements qui visent à rendre la maladie chronique plutôt qu’à la guérir complètement. Sur les facteurs de risque, ce que les hommes doivent connaître ? Il n’existe pas de cause unique au cancer de la prostate, mais certains facteurs augmentent la probabilité de son apparition. Parmi ceux-ci : -L’âge : la maladie touche majoritairement les hommes de plus de 50 ans. L’hérédité : la présence de cas de cancer de la prostate dans la famille augmente le risque. Le lien peut également être observé du côté maternel, lorsque des cancers du sein ou de l’ovaire sont présents chez les proches. La race noire : les études montrent que les hommes de race noire présentent une incidence plus élevée du cancer de la prostate que les hommes caucasiens ou asiatiques. Ce lien pourrait être associé à la testostérone, hormone qui joue un rôle dans le développement de l’organe et dans la progression de certaines formes de cancer. À ces facteurs non modifiables s’ajoutent des comportements ou habitudes de vie qui peuvent influencer le risque, bien que leur rôle soit moins clairement défini.