Le mardi 14 novembre 2023, le chef de la junte malienne Assimi Goïta et son état-major, ont annoncé s’être emparés de la ville stratégique de Kidal, bastion des séparatistes touareg et symbole de l’insoumission du nord du pays au pouvoir central de Bamako.
Il ne fait l’ombre d’aucun doute que cette prise de Kidal est un succès symbolique significatif pour les putschistes qui ont pris la direction du pays par la force en 2020, tant l’État malien et ses soldats n’avaient quasiment pas mis les pieds dans la ville depuis mai 2014. Les militaires maliens avaient été chassés de Kidal quand une visite du Premier ministre de l’époque, Moussa Mara, avait donné lieu à des violents affrontements qui ont causé de lourdes pertes dans les rangs de l’armée.
Le départ des rebelles de cette ville qu’ils contrôlaient depuis une dizaine d’années a constitué le point d’orgue d’une offensive terrestre et aérienne lancée deux semaines plus tôt par Bamako. Un succès symbolique obtenu grâce au soutien et à l’implication des mercenaires russes de Wagner, qui n’ont pas manqué de doucher la propagande officielle, en hissant leur étendard noir sur le fort de la ville après la fin des combats.
Ce qui vient ainsi contredire le discours officiel de la junte au pouvoir, qui continue de nier, contre toute évidence, la présence dans le pays du groupe de sécurité privé russe aux pratiques décriées. On l’a vu, les putschistes n’ont pas hésité à s’attribuer cette victoire hautement symbolique.
Mais dans la réalité, les hommes sans foi ni loi de Wagner ont joué un rôle de premier plan dans la reprise de cette ville de l’extrême-nord du Mali aux rebelles indépendantistes du Cadre stratégique permanent (CSP). Incontestablement, ils étaient en première ligne, et cet engagement a un prix sonnant et trébuchant.
Au-delà des images qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrant certains mercenaires russes entrant dans la ville de Kidal à bord de blindés ou juchés sur des motos le jour même où on a annoncé le départ des rebelles, il n’est pas sans intérêt de s’interroger sur la bagatelle que le régime d’Assimi Goïta a dû payer à Wagner. On se garde d’imaginer la somme, qui ne peut être qu’astronomique.