Les Comores fêtent leur indépendance tous les ans, le 6 juillet. Les drapeaux flottent, les discours officiels se succèdent et l'on rappelle le courage de ceux et celles qui ont entretenu le rêve d'un pays libre et indépendant. Mais cinquante et un ans après, une question subsiste : où en sommes nous réellement ?

Pour beaucoup de comoriens, la vie quotidienne reste marqué par le chomage, le cout de la vie élevé, les difficultés d'accès à l'eau et à l'electricité, des infrastructures insuffisantes et des perspectives limitées pour une jeunesse qui est pourtant majoritaire. Ces réalités alimentent un débat justifié sur les résultats obtenus dépuis l'indépendance.

Et pourtant, le pays possède des atouts incontestables : une population jeune et dynamique, un diaspora qui contribue fortement à l'économie du pays, des ressources marines importantes, des terres cultivables et un potentiel touristique reconnu. La question n'est donc pas seulement celle des moyens, mais aussi de la manière dont ces ressources sont gouvernées et valorisées.

Les citoyens attendent des institutions qu'elles répondent davantage à leurs préoccupations de tous les jours, dans un esprit de transparence d'efficacité et de responsabilité. Le dévellopement durable ne repose pas seulement sur la disponibilité de moyens financiers, mais aussi également sur l'efficacité des politiques publiques, de la confiance entre les institutions et les citoyens  et  de la capicité à préparer l'avenir.

L'indépendance n'est pas une fin en soi. Elle est un point de départ. Cela fait plus d'un demi-siècle, il est donc temps de se tourner vers l'avenir. Aujourd'hui le veritable défi est de transformer la souveraineté politique en progrès économique, en justice sociale et réhausser les conditions de vie de la population.

Cet anniversaire devrait aller au-délà d'une simple célébration. Cela dévrait également être aussi une occasion de dialogue, de réflechir intérieurement et de s'engager ensemble. Car l'avenir des Comores ne dépend pas seulement de ses dirigeants, mais aussi de l'engagement de chaque citoyen dans la construction d'une nation plus équitable, plus fort et plus prospère.