A travers l'atelier de ce mardi 9 septembre 2025, sur l'action conjuguée contre la désinformation numérique, l'ANSSI se mobile pour accompagner (techniquement) la communication institutionnelle et ministérielle. Dans un contexte où la désinformation menace de fragiliser le tissu social et la confiance envers les institutions, la Côte d’Ivoire entend renforcer ses dispositifs pour préserver l’intégrité de son espace numérique.
Des faits et réalités à considérer
Depuis 2020, le pays est confronté à une forte dissémination de désinformation et de fake news, un phénomène devenu central dans le débat public. La désinformation désigne « la diffusion involontaire de fausses informations », tandis que les fake news sont diffusées volontairement dans le but de manipuler l’opinion publique. Une autre catégorie, la malinformation, consiste à sortir une information de son contexte pour tromper. Plusieurs événements récents ont illustré ces dérives : en mars 2021, une fausse annonce de la mort du président Ouattara dans un hôpital français a circulé via une infographie falsifiée imitant France 24.
En mai 2021, lors d’une grève de taxis et d’une bavure militaire, une fake news rapportait l’assassinat du chef d’état-major des armées général, avec des images truquées pour crédibiliser la rumeur. En juin 2021, une fausse arrestation du ministre de l’Économie en Allemagne a été propagée, alimentant la confusion.
Plus récemment, en août 2025, un faux communiqué annonçant la nomination d’un vice-président a circulé en ligne, rapidement démenti par les autorités. Face à cette menace, les autorités ivoiriennes multiplient les actions. Depuis 2023, environ 2 500 publications de sensibilisation sur les dangers de la désinformation ont été diffusées, touchant plus de 600 000 abonnés sur les réseaux sociaux. Des campagnes de sensibilisation dans les collectivités ont également atteint plus de 10 000 personnes. Sur le plan judiciaire, environ 6 000 cas de cybercriminalité ont été enregistrés, dont 50% liés aux réseaux sociaux.